Après avoir enregistré plusieurs albums vers d’autres contrées notamment électro, Julien Lourau se recentre sur le jazz avec son Quartet Saigon du nom d’un des thèmes fondateurs du projet. Avec Donald Kontomanou aux baguettes et Thomas Bramerie à la contrebasse – une paire des plus complémentaires – et le pianiste Laurent Coq avec qui il partage l’écriture du répertoire, Julien Lourau signe un album aux tonalités automnales, à la fois très patiné et très contemporain, où il déploie de belles envolées en toute sensualité, sans jamais jouer devant, mais bel et bien au collectif. Une musique captivante où plane l’esprit de Wayne Shorter avec de brillantes mélodies claires-obscures, au lyrisme réel savamment contrôlé. Les amateurs y devineront un juste hommage à la «formule classique du quartet», qui se conclut par l’unique reprise, un somptueux A House is not A Home, un hymne de gospel composé il y a 35 ans et repris par Sonny Rollins. Elle prend tout son sens aujourd’hui, en une ultime pirouette qui sonne comme un éternel ressourcement.
Comme un retour au jazz pour ce fils prodige, que certaines oreilles crurent un temps égaré de ce sillon fertile. « En étais-je parti ? J’ai l’impression que je ne sais faire que cela ».
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