Côté histoire : Tamino, jeune prince étranger, part pour le Royaume de Sarastro. Poussé par la Reine de la nuit, il fait face à de dangereuses épreuves pour l’amour de Pamina. Papageno, l’homme-oiseau facétieux, lui, ne rêve que de manger, boire et… trouver sa Papagena !
Côté scène : Ils sont tous là, Papageno en habit de coq, Tamino et Pamina, laids à faire peur, la Reine de la nuit à mi-chemin entre la grand-mère de guignol et la sorcière… Quant aux serviteurs du mage Sarastro, ils ont tout simplement l’air d’avoir été découpés dans un rouleau de papier peint. La flûte enchantée de la compagnie allemande Thalias Kompagnons mise résolument sur les contrastes et dépoussière le mythe. On a rarement vu une adaptation aussi drôle de cet opéra créé ici par le compositeur Markus Maria Reissenberger. Très respectueux de la partition, les musiciens en frac de l’ensemble de musique de chambre Kontraste surjouent le sérieux, comme pour mieux souligner la psychologie rudimentaire des personnages. Deux incroyables marionnettistes coincés dans un castelet de verre se déchaînent en manipulant les personnages sur une table de montage dans un feu d’artifice de transformations et de changements de décors, retransmis sur un grand écran placé au-dessus de la scène. Le jeune contre-ténor berlinois Daniel Gloger crée l’événement, interprétant à lui seul tous les personnages, toutes les voix, osant tous les duos et d’incroyables prouesses vocales…
Entre conte fantastique et fable philosophique, cette réjouissante Flûte enchantée est une excellente introduction pour tous à l’art lyrique. On en sort ébahis, des images plein les yeux, de la musique plein les oreilles !
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